{"id":1103,"date":"2014-07-07T16:32:00","date_gmt":"2014-07-07T14:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/?p=1103"},"modified":"2025-09-14T22:07:56","modified_gmt":"2025-09-14T20:07:56","slug":"la-grande-frayeur-de-petitatou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/uncategorized\/la-grande-frayeur-de-petitatou\/","title":{"rendered":"La grande frayeur de Petitatou"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"is-style-text-annotation is-style-text-annotation--1\">temps de lecture 18 mn<\/p>\n\n\n\n<p>Plus qu&rsquo;un billet voici un conte de 5 pages. Il faut dire que des \u00e9v\u00e8nements comme celui qui en est \u00e0 l&rsquo;origine ne se produisent pas tous les jours&#8230; heureusement ! Le narrateur de ce conte est lui aussi assez rare. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"843\" height=\"1080\" src=\"https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-843x1080.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1110\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-843x1080.jpg 843w, https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-234x300.jpg 234w, https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-768x984.jpg 768w, https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-1199x1536.jpg 1199w, https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-1599x2048.jpg 1599w, https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/textes\/Petitatou_couverture-scaled.jpg 1998w\" sizes=\"auto, (max-width: 843px) 100vw, 843px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Le billet du <em>07<\/em> juillet <em>2014<\/em><\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">La grande frayeur de Petitatou (conte)<\/h3>\n\n\n\n<p>Je suis n\u00e9 Tatou, Tatou Em&rsquo; Boa, pour vous donner mon patronyme complet. Mais mon propri\u00e9taire actuel m&rsquo;appelle Petitatou.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re \u00e9tait un fier et fort Moutouchi. Il avait bataill\u00e9 ferme pour s&rsquo;\u00e9lever \u00e0 trente m\u00e8tres au dessus de la mangrove et faire sa place au soleil. De lui, j&rsquo;ai h\u00e9rit\u00e9 la belle couleur beige ros\u00e9e de mon veinage et mon grain serr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les gens sont toujours surpris, \u00e0 me sentir si l\u00e9ger, que je puisse \u00eatre aussi dur. C&rsquo;est qu&rsquo;il ne savent rien du monde des loas. Moi je connais Grand-Bois et Papa Loco, les esprits de la for\u00eat, et je sais la puissance de leur magie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e8re \u00e9tait la main de l&rsquo;artiste Saramaca qui m&rsquo;a sculpt\u00e9. C&rsquo;est \u00e0 ses gestes pr\u00e9cis que je dois mon dos arrondi, ma longue queue, mon museau pointu, mes petites oreilles rondes et mon regard f\u00fbt\u00e9. Elle, c&rsquo;est Damballa, l&rsquo;esprit de la connaissance, qui l&rsquo;a inspir\u00e9. Damballa aime bien l&rsquo;art Temb\u00e9, c&rsquo;est pour \u00e7a qu&rsquo;elle m&rsquo;a fait des rang\u00e9es d&rsquo;\u00e9cailles bien r\u00e9guli\u00e8res et bien g\u00e9om\u00e9triques.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai l&rsquo;air d&rsquo;une b\u00fbche comme \u00e7a, immobile, qui ne voit rien, n&rsquo;entend rien, ne dit rien. Mais \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, quand le souffle de Damballa circule dans mes veines, je vois tout, je comprends tout, j&rsquo;entends tout.<\/p>\n\n\n\n<p>Ah! pour entendre, \u00e7a oui, j&rsquo;entends! J&rsquo;ai m\u00eame failli en mourir le jour de ma grande frayeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Et m\u00eame si je ne parle pas, c&rsquo;est tout de m\u00eame moi qui raconte cette histoire. Bien s\u00fbr, le vieux monsieur chez qui j&rsquo;habite maintenant vous dira que non. Il croit que c&rsquo;est lui l&rsquo;\u00e9crivain. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il ne sait pas.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit, quand il vient s&rsquo;allonger \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi pour reposer son esprit fatigu\u00e9, il ne sait pas qu&rsquo;\u00e0 travers mes \u00e9cailles c&rsquo;est papa Damballa qui lui met dans la t\u00eate les mots que le lendemain il griffonne dans son petit cahier \u00e0 couverture noire.<\/p>\n\n\n\n<p>De ma petite enfance en Guyane je n&rsquo;ai que quelques souvenirs<\/p>\n\n\n\n<p>Sit\u00f4t apr\u00e8s ma naissance, la main qui m&rsquo;avait fait na\u00eetre me mit dans un sac avec cinq autres de mes fr\u00e8res. Quand le sac s&rsquo;ouvrit, ce f\u00fbt une autre main qui nous saisit pour nous poser, sur une \u00e9tag\u00e8re, align\u00e9s c\u00f4tes \u00e0 c\u00f4tes. Je compris ce jour l\u00e0 que mon destin serait de passer de mains en mains.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;entendais au dessus de moi la pluie cr\u00e9piter violemment sur la t\u00f4le ondul\u00e9e. Je la voyais s&rsquo;\u00e9goutter en millier de perles transparentes sur le bord de l&rsquo;auvent auquel nous faisions face. D&rsquo;autres fois, c&rsquo;\u00e9tait le soleil qui m&rsquo;aveuglait en se refl\u00e9tant sur les flaques qui parsemaient la terre rouge.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux de mes fr\u00e8res furent saisis par la main qui nous avait sorti du sac tandis qu&rsquo;une autre prenait d&rsquo;une troisi\u00e8me quelques papiers froiss\u00e9s. C&rsquo;\u00e9tait toujours apr\u00e8s que des yeux d&rsquo;enfants \u00e9merveill\u00e9s nous aient regard\u00e9 longtemps, longtemps&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Damballa m&rsquo;apprit par la suite que l&rsquo;endroit o\u00f9 nous \u00e9tions s&rsquo;appelait une boutique. Le troisi\u00e8me qui f\u00fbt vendu, ce f\u00fbt moi.<\/p>\n\n\n\n<p>A ma grande surprise, les mains dans lesquelles je tombais \u00e9taient celles d&rsquo;une femme. En plus, elles \u00e9taient blanches. Je voyais tr\u00e8s bien dessus les petits crat\u00e8res rouges que les moustiques y avaient laiss\u00e9s apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre r\u00e9gal\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce f\u00fbt un souvenir tr\u00e8s fugace. Ces mains n&rsquo;exist\u00e8rent que pour m&#8217;emmailloter d\u00e9licatement dans un papier myst\u00e9rieux o\u00f9 les bulles d&rsquo;air restaient bien rang\u00e9es les unes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres. Je me sentis ensuite d\u00e9pos\u00e9 dans un petit carton douillet, juste \u00e0 ma taille, puis ce f\u00fbt le noir: les mains blanches avaient referm\u00e9 le paquet.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne comprenais plus rien aux bruits que j&rsquo;entendais. J&rsquo;interrogeais Damballa mais je ne sentais plus son souffle. Ce f\u00fbt papa Loco qui me r\u00e9pondit avec son m\u00e9chant ton bourru : \u00ab&nbsp;Fais la b\u00fbche et attends que \u00e7a passe!&nbsp;\u00bb. Je m&rsquo;endormis.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Je m\u2019\u00e9veillais en frissonnant. On m\u2019avait sorti de ma bo\u00eete. Un vieux monsieur me tenait entre ses mains et me retournait dans tous les sens en m\u2019appelant Petitatou d\u2019un air attendri.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce o\u00f9 je me trouvais \u00e9tait remplie de choses bizarres que je n\u2019avais encore jamais vues. Les petits arbres que j\u2019apercevais dehors portaient aussi des feuilles que je ne connaissais pas. Ce qui m\u2019intriguait le plus c\u2019est que je voyais leurs branches se balancer sous le vent et que je ne sentais aucun souffle sur mes \u00e9cailles. Comme si une force myst\u00e9rieuse et invisible s\u00e9parait le dehors du dedans.<\/p>\n\n\n\n<p>En \u00e9coutant les conversations, je compris \u00e0 la fin que les mains blanches qui m\u2019avaient mis dans le carton \u00e9taient celles de la ni\u00e8ce du vieux monsieur. Lui aussi a les mains blanches, de m\u00eame que la dame plus jeune qui vit ici et qui semble aussi bien dispos\u00e9e \u00e0 mon \u00e9gard. Finalement, tout le monde ici a les mains blanches, m\u00eame le jeune homme que je vois moins souvent et qui les agite dans tous les sens autour de lui quand il parle.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi qui aime la tranquillit\u00e9, j\u2019\u00e9tais un peu contrari\u00e9 par mon nouveau logis. A certains moments, tout le monde s\u2019y agitait en remplissant mes petites oreilles de bruits inqui\u00e9tants. Ce qui me pr\u00e9occupait beaucoup c\u2019est que j\u2019avais perdu tout contact avec Damballa. Il semblait qu\u2019il ne connaissait pas ce pays \u00e9trange. Dans les moments de calme, j\u2019avais beau me tenir \u00e0 l\u2019aff\u00fbt, plus jamais je ne sentais son souffle m\u2019envahir pour m\u2019expliquer ce qui se passait. J\u2019en aurais pourtant eu bien besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux choses en particulier me faisaient fr\u00e9mir.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019une \u00e9tait la machine \u00e0 laquelle s\u2019int\u00e9ressait surtout le jeune homme quand il venait. Elle faisait d\u2019abord clignoter ses deux yeux bleus alternativement puis, dans une p\u00e9tarade d\u2019enfer, elle laissait s\u2019\u00e9couler sous elle un jus noir dont l\u2019odeur me laissait perplexe&nbsp;: il me semblait la reconna\u00eetre d\u2019un pass\u00e9 lointain qui ne voulait jamais se d\u00e9voiler \u00e0 ma m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre \u00e9tait la grande lame d\u2019acier brillante qui reposait sur une planche \u00e0 quelques centim\u00e8tres seulement de mon museau. Un de ses bords \u00e9tait h\u00e9riss\u00e9 de petites dents ac\u00e9r\u00e9es envers lesquelles mon p\u00e8re n\u2019avait cess\u00e9 de me mettre en garde. Quand ils \u00e9taient tous assis en rond autour de la table, je voyais r\u00e9guli\u00e8rement le vieux monsieur venir s\u2019en saisir pour d\u00e9biter en morceaux ce que j\u2019avais d\u2019abord pris pour une branche mais qui n\u2019\u00e9tait pas du bois. Comme on m\u2019avait tourn\u00e9, je ne pouvais pas voir ce qu\u2019il advenait des morceaux qu\u2019il emportait, mais jamais je n\u2019en vis revenir aucun. A chaque fois j\u2019\u00e9tais terroris\u00e9, pensant c\u2019\u00e9tait mon tour de dispara\u00eetre, d\u00e9bit\u00e9 en tranches.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui j\u2019en rirais presque, tant j\u2019\u00e9tais dans l\u2019ignorance de la machine \u00e0 caf\u00e9 et du couteau \u00e0 pain.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour enfin, le vieux monsieur m\u2019emporta et me d\u00e9posa dans un autre endroit&nbsp;; celui o\u00f9 je vis maintenant. Tout de suite, ce lieu m\u2019apaisa. D\u2019un coup j\u2019eus la certitude que Damballa le connaissait.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, une fois la porte referm\u00e9e et le calme revenu, je sentis \u00e0 nouveau avec soulagement que le souffle de la connaissance circulait en moi. Peu \u00e0 peu, je compris toutes les choses inconnues que j\u2019avais v\u00e9cues depuis mon r\u00e9veil et qui m\u2019avaient tellement inqui\u00e9t\u00e9 et intrigu\u00e9. J\u2019appris aussi que je n\u2019\u00e9tais pas seul.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re avec laquelle j\u2019ai li\u00e9 connaissance a \u00e9t\u00e9 la couleuvre \u00e0 manioc qui est appuy\u00e9e dans le coin de mur en face de celui o\u00f9 je suis pos\u00e9. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 vu plusieurs de ses s\u0153urs tress\u00e9es dans la boutique o\u00f9 j\u2019avais \u00e9t\u00e9 achet\u00e9 en Guyane. Elle est n\u00e9e il y a fort, fort longtemps, elle aussi sur les bords du Maroni. Bien que je sois beaucoup plus jeune qu\u2019elle, nous bavardons maintenant comme des amis de longue date.<\/p>\n\n\n\n<p>Me faisant face et perch\u00e9s sur leur commode en bambou, il y a aussi coco et gros-bec&nbsp;: respectivement perroquet et toucan de leur \u00e9tat. De ces deux-l\u00e0, mon p\u00e8re m\u2019avait racont\u00e9 l\u2019\u00e9clat de leurs couleurs quand leurs vrais cousins venaient s\u2019\u00e9gailler dans ses ramures.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a aussi un grand tableau sombre de bois sculpt\u00e9, accroch\u00e9 presque \u00e0 la naissance du toit et qui semble dominer toute la pi\u00e8ce. Celui-l\u00e0, je ne l\u2019aime pas trop, je le trouve inqui\u00e9tant. Il repr\u00e9sente des sc\u00e8nes de la vie des champs mais je n\u2019y vois que des dos ploy\u00e9s sous le fardeau des cannes \u00e0 sucre et des reins cass\u00e9s \u00e0 piocher la terre. J\u2019\u00e9vite de trop le regarder car \u00e0 chaque fois, il me revient en m\u00e9moire les histoires effrayantes que racontait ma m\u00e8re quand elle \u00e9voquait la vie de ses anc\u00eatres dans les temps d\u2019avant le marronnage.J\u2019ai raison de le redouter car un jour le tableau s\u2019est mis \u00e0 vibrer et \u00e0 s\u2019agiter comme pour se lib\u00e9rer de ses crochets et j\u2019ai entendu la voix rauque et brutale de Papa Loco qui rabrouait ces pauvres bougres pench\u00e9s sur l\u2019effort.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Juste derri\u00e8re moi, j\u2019entends parfois sonner le tambour. De la fa\u00e7on dont le vieux monsieur m\u2019a dispos\u00e9, je ne peux pas le voir, mais je sais que sur le m\u00eame chevet que moi il y a un joueur de tambour. Il s\u2019appelle Gwo-Ka et vient d\u2019Ha\u00efti. Quelques fois il chante les airs de son \u00eele pour accompagner ses battements. Damballa aime bien quand il fait \u00e7a, souvent il s\u2019invite pour venir \u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je vous raconte tout \u00e7a, c\u2019est pour vous dire que tout va bien pour moi dans ma nouvelle vie. Mis \u00e0 part le vent frais du matin qui me h\u00e9risse un peu les \u00e9cailles quand la dame plus jeune ouvre en grand la fen\u00eatre. Pour le reste, je peux continuer \u00e0 faire la b\u00fbche tout \u00e0 mon aise, entour\u00e9 de mes amis dans le calme de cette pi\u00e8ce qui reste vide toute la journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout va pour le mieux ou plut\u00f4t tout allait pour le mieux. Jusqu\u2019\u00e0 ce jour de ma grande frayeur. Celui o\u00f9 j\u2019ai cru partir en fum\u00e9e, le cerveau en copeau, tout vrill\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait, par cet horrible bruit qui s\u2019engouffrait dans mes petites oreilles. Ah l\u00e0 l\u00e0, j\u2019en fr\u00e9mis encore.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a s\u2019est pass\u00e9 le 07 juillet. Je le sais parce qu\u2019apr\u00e8s, le vieux monsieur et la dame plus jeune n\u2019arr\u00eatait pas de se le r\u00e9p\u00e9ter d\u2019un air constern\u00e9 et en m\u00eame temps ils disaient que c\u2019\u00e9tait un dr\u00f4le d\u2019anniversaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne saurais plus trop dire si c\u2019\u00e9tait le matin ou l\u2019apr\u00e8s-midi. Ce n\u2019est pas toujours facile quand tout est calme et immobile de suivre le temps qui coule. Ce sont mes oreilles qui m\u2019ont alert\u00e9 en premier. Le mur juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, celui sous la fen\u00eatre, grognait avec un bruit de raclement comme si on lui \u00e9trillait l\u2019\u00e9chine avec un vilain r\u00e2teau \u00e0 la dent dure.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussit\u00f4t apr\u00e8s la lumi\u00e8re s\u2019est obscurcie. Il me semblait voir une grande ombre bouger gauchement derri\u00e8re la fen\u00eatre. Je devinais tout cela du coin de l\u2019\u0153il gauche, incapable que je suis de tourner la t\u00eate. Puis ce f\u00fbt au tour du bois de l\u2019huisserie de se mettre \u00e0 g\u00e9mir et \u00e0 grincer. Je sentis passer au travers de moi toute la douleur de ses fibres qu\u2019on \u00e9crasait et qu\u2019on pin\u00e7ait. Il y eu un grand crrraaaccc et la fen\u00eatre s\u2019ouvrit \u00e0 toute vol\u00e9e laissant entrer du dehors une grande odeur de pluie fra\u00eeche.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u00eame temps il y eu un grand choc. C&rsquo;\u00e9tait celui des lourdes chaussures de l\u2019homme qui venait de sauter sur le parquet.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aurais voulu pouvoir bondir pour me cacher tellement j\u2019avais peur et je maudissais mes parents de m\u2019avoir fait aussi b\u00fbche. J\u2019avais tout de suite compris que tout \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas normal, jamais la dame plus jeune n\u2019avait ouvert la fen\u00eatre de cette mani\u00e8re!<\/p>\n\n\n\n<p>Je me fis le plus petit possible pour me faire oublier mais l&rsquo;homme qui me tournait le dos se dirigea tout de suite vers la petite commode en bambous. Etait-il venu pour saisir coco et gros-bec? Non. Sans h\u00e9siter il prit le petit coffret \u00e0 tiroirs qui \u00e9tait pos\u00e9 juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de mes amis. Il se retourna et en renversa le contenu sur le lit.<\/p>\n\n\n\n<p>Jamais auparavant je n&rsquo;avais pu savoir ce que cette bo\u00eete renfermait. Le matin, je voyais souvent la dame plus jeune rester longtemps, pensive, devant les tiroirs qu&rsquo;elle avait ouverts. Mais elle se tenait \u00e0 chaque fois entre le coffret et moi m&#8217;emp\u00eachant de voir ce qu&rsquo;elle regardait avec tant d&rsquo;attention. Je savais seulement qu&rsquo;elle y prenait quelques \u00e9clats de lumi\u00e8re qu&rsquo;elle accrochait ensuite \u00e0 ses oreilles ou laissait pendre autour de son cou. Damballa m&rsquo;avait bien enseign\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de bijoux mais je n&rsquo;en savais rien de plus. Maintenant ils \u00e9taient l\u00e0, tous \u00e9parpill\u00e9s sous mes yeux mais ce n&rsquo;\u00e9tait plus du tout l&rsquo;heure d&rsquo;\u00eatre curieux.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Je n&rsquo;ai aucun souvenir du visage que pouvait avoir l&rsquo;homme. Je crois que je ne l&rsquo;ai m\u00eame pas regard\u00e9. J&rsquo;\u00e9tais terroris\u00e9 par ses mains. Je ne voyais qu&rsquo;elles qui courraient, avides, sur la couverture. attrapant certaines pi\u00e8ces, les jetant dans un sac qu&rsquo;il avait pos\u00e9 sur le lit, en \u00e9parpillant d&rsquo;autres, les soupesant, les retournant. Je les voyais se rapprocher de moi de plus en plus, c&rsquo;est s\u00fbr elles allaient aussi m&rsquo;attraper, me faire tourner sens dessus dessous et me fourrer dans ce maudit sac avec les \u00e9clats de lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;en serait fini de moi, de mon petit coin tranquille o\u00f9 il semblait que le temps n&rsquo;existait plus. Fini les m\u00e9lop\u00e9es de Gwo-Ka, les souvenirs de la couleuvre. J&rsquo;allais encore changer de mains et me retrouver perdu dans des mondes o\u00f9 Damballa ne venait jamais<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;en f\u00fbt rien. Les mains, d&rsquo;un coup, referm\u00e8rent le sac sans me prendre, l&rsquo;homme se redressa, se dirigea vers la porte et sortit de la pi\u00e8ce. Je n&rsquo;eus pas le temps de revenir de mon \u00e9tonnement. A peine quelques secondes apr\u00e8s, il y eut ce cri horrible, si long, si d\u00e9chirant, si abominable qu&rsquo;il a failli me tuer.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re m&rsquo;avait pourtant racont\u00e9 tous les bruits qui peuplaient la mangrove, les plus inqui\u00e9tants, les plus sauvages. Aucun n&rsquo;\u00e9tait aussi terrible et douloureux que celui l\u00e0. Uiuiuiuiuiuiuiuiuiuiuiuiui!!!. Et jamais cet oiseau l\u00e0 ne s&rsquo;arr\u00eatait pour reprendre son souffle.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout accapar\u00e9 par la douleur de mes tympans, je vis \u00e0 peine passer l&rsquo;ombre d&rsquo;une galopade. Les chaussures de l&rsquo;homme foul\u00e8rent le lit sans m\u00e9nagement, pass\u00e8rent \u00e0 quelques centim\u00e8tres de mon museau, d&rsquo;une enjamb\u00e9e elles prirent appuis sur le radiateur et l&rsquo;ombre toute enti\u00e8re disparut dans le vide b\u00e9ant de la fen\u00eatre ouverte.<\/p>\n\n\n\n<p>Uiuiuiuiuiuiuiuiuiuiuiuiuiuiui!!!!! L&rsquo;oiseau infernal continuait de hurler. Plus rien n&rsquo;existait autour de moi, rien d&rsquo;autre que ce cri strident qui me per\u00e7ait les oreilles et me vrillait le cerveau.<\/p>\n\n\n\n<p>Me percer les oreilles? Me vriller le cerveau? Oui c&rsquo;\u00e9tait \u00e7a! Cette id\u00e9e folle s&#8217;empara de moi et m&#8217;emprisonna l&rsquo;esprit. \u00c7a y est , je sentais la pointe tranchante du foret s&rsquo;attaquer \u00e0 ma t\u00eate dure, elle se donnait du mal pour faire son trou, elle s&rsquo;\u00e9chauffait, le frottement allait bient\u00f4t rendre le m\u00e9tal br\u00fblant, d\u00e9j\u00e0 une petite fum\u00e9e bleue \u00e0 l&rsquo;odeur \u00e2cre s&rsquo;enroulait autour de la m\u00e8che. C&rsquo;est \u00e7a j&rsquo;allais m&rsquo;enflammer de l&rsquo;int\u00e9rieur, me consumer et p\u00e9rir par le feu. Le feu, le feu, le pire fl\u00e9au de la lign\u00e9e des Em&rsquo;Boa&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un dernier sursaut, j&rsquo;implorais Damballa, je suppliais Papa Loco!<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Arr\u00eates de te monter la t\u00eate, fais la b\u00fbche et attends que \u00e7a passe!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La voix rocailleuse avait \u00e0 peine fini sa phrase que, par magie, l&rsquo;oiseau de malheur s&rsquo;arr\u00eata net.<\/p>\n\n\n\n<p>Combien de temps je restais comme \u00e7a tout h\u00e9b\u00e9t\u00e9&nbsp;? Sans voir, ni entendre, ni penser&nbsp;? Je n&rsquo;en sais rien. Ce f\u00fbt le vieux monsieur qui me tira de ma torpeur quand il appar\u00fbt dans l&rsquo;encadrement de la porte qui \u00e9tait rest\u00e9e ouverte. Il avait d\u00fb se passer beaucoup de temps car maintenant le jour \u00e9tait moins clair et l&rsquo;odeur de la pluie fra\u00eeche impr\u00e9gnait toute la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Je le voyais regarder alternativement le lit, la fen\u00eatre, la fen\u00eatre, le lit, d&rsquo;un air incr\u00e9dule. Il s&rsquo;approcha de la fen\u00eatre qu&rsquo;il examina dans le d\u00e9tail. Il en fit man\u0153uvrer les battants plusieurs fois, il se pencha dehors se tordant le cou pour voir je ne sais quoi puis, il se d\u00e9cida \u00e0 la refermer lentement. Il me sembla d&rsquo;un coup plus vieux qu&rsquo;avant avec une sorte de fatigue constern\u00e9e dans les yeux pendant que son front se plissait d&rsquo;une col\u00e8re qui ne voulait pas sortir.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus tard, ce f\u00fbt au tour de la dame plus jeune de venir. Elle s\u2019agenouilla doucement sur le lit et commen\u00e7a \u00e0 changer de place tous les petits \u00e9clats de lumi\u00e8res qui y \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s. Moi je ne comprenais rien aux d\u00e9placements qu\u2019elle faisait faire \u00e0 chaque pi\u00e8ce mais elle faisait \u00e7a avec beaucoup d\u2019application. Il devait s\u2019agir d\u2019un rite particulier pour invoquer les esprits du pass\u00e9 car \u00e0 chaque soupir qu\u2019elle laissait \u00e9chapper, je voyais des morceaux de souvenirs s\u2019en aller de ses yeux tristes. A la fin de cette c\u00e9r\u00e9monie elle ramassa tous les petits \u00e9clats qui se trouvaient regroup\u00e9s ensemble, \u00e0 certains emplacements de la couverture, pour les remettre dans les tiroirs du coffret, Puis elle repla\u00e7a le tout sur la commode, \u00e0 sa place initiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu les choses reprenaient leur ordre mais je sentais qu\u2019en \u00e9cho \u00e0 l\u2019horrible cri une esp\u00e8ce de pesanteur s\u2019\u00e9tait abattue sur tout mon petit coin tranquille.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Le lendemain matin continua d\u2019\u00eatre inhabituel. Peu de temps apr\u00e8s \u00eatre parti, le vieux monsieur revint accompagn\u00e9 de deux hommes \u00e0 casquette bleue que je n\u2019avais jamais vus. A leur tour ils examin\u00e8rent la fen\u00eatre dans tous les sens et se pench\u00e8rent au dehors pour regarder le jardin. Je vis \u00e9crire l\u2019un des deux sur un petit carnet, puis ils s\u2019en all\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p>La journ\u00e9e se d\u00e9roula ensuite comme les autres mais je restais inquiet tout le temps&nbsp;: j\u2019avais peur que l\u2019oiseau si terrible ne se remette \u00e0 crier. Damballa aussi devait avoir eu peur car m\u00eame quand Grow-ka essaya de l\u2019appeler par son chant pour venir nous rassurer, il ne vint pas.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;avais raison d&rsquo;\u00eatre sur le qui vive&nbsp;. Le soir tout a failli recommencer.<\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;abord, le vieux monsieur \u00e9tait entr\u00e9e dans la chambre avec une dr\u00f4le d&rsquo;\u00e9chelle \u00e0 quatre jambes qui se tenait dress\u00e9e toute seule. Ensuite, et je trouvais cela tr\u00e8s imprudent pour son \u00e2ge, il \u00e9tait mont\u00e9 faire des acrobaties sur la derni\u00e8re des marches pour visser le plus haut possible sur le mur, une esp\u00e8ce de tout petit totem. \u00c7a ressemblait \u00e0 une dr\u00f4le de petite t\u00eate oblongue avec un seul \u0153il surmont\u00e9 d&rsquo;un front disproportionn\u00e9 et tout bomb\u00e9 qui regardait vers la fen\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sentis d&rsquo;un coup toutes mes \u00e9cailles se h\u00e9risser quand, au milieu de la man\u0153uvre, j&rsquo;entendis de nouveau l&rsquo;oiseau affreux se remettre \u00e0 hurler : uiuiuiuiuiuiuiui\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le vieux monsieur aussi avait d\u00fb \u00eatre surpris car je le voyais gesticuler pour retrouver son \u00e9quilibre. Il porta la main \u00e0 sa poche et en sortie un petit objet noir de la forme d&rsquo;un galet qu&rsquo;il agita au bout de son bras. Aussit\u00f4t l&rsquo;oiseau s&rsquo;arr\u00eata, musel\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Jamais je n&rsquo;aurais penser que le vieux monsieur et Papa Loco partageait les m\u00eames pouvoirs. J&rsquo;en \u00e9tais tellement surpris que j&rsquo;en avais oubli\u00e9 d&rsquo;avoir peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, le vieux monsieur, lui, n&rsquo;avait pas l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre fier de savoir faire taire l&rsquo;oiseau de malheur. Au contraire, il avait toujours sur le front la m\u00eame col\u00e8re contre lui que la veille et je l&rsquo;entendais se marmonner des mots dont je ne comprenais pas le sens. Quelque chose comme \u00ab&nbsp;Dix minutes, \u00e7a t&rsquo;a pris dix minutes&nbsp;!&nbsp;\u00bb et encore \u00ab&nbsp;Esp\u00e8ce d&rsquo;andouille&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Et un peu plus tard pendant qu&rsquo;il repliait les jambes de sa dr\u00f4le d&rsquo;\u00e9chelle \u00ab&nbsp;Quinze ans que tu devais le faire&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e7a fait maintenant partie du pass\u00e9. Pour autant que je puisse en juger, car depuis, tout est redevenu calme et tranquille et je ne sais plus trop comment le temps s&rsquo;\u00e9coule.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi qui suis curieux, j&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 Damballa qui \u00e9tait le petit totem et pourquoi quelques fois il faisait cligner son \u0153il rouge. Mais il ne m&rsquo;a pas r\u00e9pondu. D&rsquo;ailleurs il vient moins souvent maintenant.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant j&rsquo;ai eu une r\u00e9ponse, c&rsquo;est Papa Loco qui me l&rsquo;a donn\u00e9, toujours avec son ton si aimable&nbsp;: \u00ab&nbsp;T&rsquo;inqui\u00e8tes, c&rsquo;est ton grand fr\u00e8re qui t&rsquo;regarde, ah, ah, ah&nbsp;!&nbsp;\u00bb et il rigolait comme s&rsquo;il avait dit une bonne blague.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis mena\u00e7ant&nbsp;: \u00ab&nbsp; Et ne t&rsquo;avises surtout pas de bouger sinon\u2026&nbsp; l&rsquo;oiseau va te crier dans les oreilles&nbsp;! Ah, ah, ah&nbsp;!\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Alors maintenant, je vois, j&rsquo;entends, mais je ne bouge plus. Plus du tout. Je fais la b\u00fbche.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a tombe bien. Moi, faire la b\u00fbche, j&rsquo;adore \u00e7a&nbsp;!<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Quelques mots d&rsquo;explication qui peuvent aider \u00e0 mieux comprendre les allusions de ce conte :<\/p>\n\n\n\n<p>La chambre o\u00f9 se d\u00e9roule cette effraction \u00e9tait une des rares pi\u00e8ces de la maison que ma n\u00e9gligence n&rsquo;avait pas \u00e9quip\u00e9e de d\u00e9tecteur de mouvement, alors que je les avais en r\u00e9serve depuis 15 ans&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Elle \u00e9tait d\u00e9cor\u00e9e de nombreux objets ramen\u00e9s d&rsquo;Ha\u00efti &#8211; terre du Vaudou &#8211; d&rsquo;o\u00f9 ces <em>loas<\/em> (esprits invoqu\u00e9s lors des c\u00e9r\u00e9monies) qui interviennent dans l&rsquo;histoire. Petitatou leur est affili\u00e9 par la lointaine origine africaine de sa m\u00e8re, les Sarmaca de Guyane \u00e9tant des descendants des quelques \u00ab\u00a0n\u00e8gres marrons\u00a0\u00bb qui r\u00e9ussirent \u00e0 fuir l&rsquo;enfer de l&rsquo;esclavage.<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-grid wp-container-core-group-is-layout-e766bbef wp-block-group-is-layout-grid\" style=\"border-width:1px;background-color:#b0c2d9\">\n<p class=\"wp-container-content-bfbf5994\" style=\"margin-right:0;margin-left:0\">\u2b50 Laissez votre avis sur cet article !<\/p>\n\n\n<div class=\"glsr glsr-default\" id=\"glsr_dca99f8c\" data-from=\"block\" data-shortcode=\"site_reviews_form\" data-assigned_posts=\"1103\" data-hide=\"title,content,name,email,terms\"><div class=\"glsr-form-wrap\">\n    <form class=\"glsr-review-form glsr-form\" method=\"post\" enctype=\"multipart\/form-data\">\n        <input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_action]\" 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