{"id":1585,"date":"2026-01-28T14:28:25","date_gmt":"2026-01-28T13:28:25","guid":{"rendered":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/?p=1585"},"modified":"2026-01-28T14:33:14","modified_gmt":"2026-01-28T13:33:14","slug":"destin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/text\/destin\/","title":{"rendered":"Destin"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"is-style-text-annotation is-style-text-annotation--1\">temps de lecture 9 mn<\/p>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Atelier d&rsquo;\u00e9criture lundi 26 janvier 2026<\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">DESTIN<\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019est Georges qui l\u2019avait su en premier. La nouvelle \u00e9tait arriv\u00e9e par radio jusqu\u2019\u00e0 Rambervillers puis par les lignes jusqu\u2019au secteur des Bois du Ban. En tant que t\u00e9l\u00e9phoniste, il \u00e9tait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du capitaine quand l\u2019appel \u00e9tait arriv\u00e9&nbsp;: l\u2019armistice avait \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 t\u00f4t le matin et prenait effet \u00e0 11h. Le capitaine, incr\u00e9dule, avait fait rappeler l\u2019\u00c9tat Major pour obtenir confirmation.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bouche \u00e0 oreille avait pris le relais. L\u2019annonce avait stopp\u00e9 Louis et Auguste, occup\u00e9s avec trois autres \u00e0 \u00e9tayer cinq m\u00e8tres de tranch\u00e9e menac\u00e9s d\u2019\u00e9boulement.<\/p>\n\n\n\n<p>Auguste tomba les deux genoux dans la boue, les mains tendues vers ce qu\u2019il pouvait voir du ciel, le regard exalt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis restait dubitatif. Entre le suicide du Kaiser et l\u2019assassinat d\u2019Hindenburg il en avait entendu d\u2019autres des rumeurs. Apr\u00e8s une h\u00e9sitation, il reprit en main sa masse et se remit \u00e0 l\u2019ouvrage&nbsp;; apr\u00e8s tout, \u00e7a n\u2019emp\u00eacherait pas la terre de s\u2019\u00e9bouler.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la matin\u00e9e, on entendit encore quelques coups de feu lointains. Un moment, une mitrailleuse cr\u00e9pita du c\u00f4t\u00e9 de Fr\u00e9m\u00e9nil, l\u00e2chant ses salves comme les hoquets d\u2019un animal qui agonise. Un soleil p\u00e2le filtrait au travers de la brume immobile. Les hommes parlaient peu. Ils restaient l\u00e0, dans l\u2019attente et l\u2019incompr\u00e9hension, \u00e0 la fois soulag\u00e9s et d\u00e9sempar\u00e9s, inquiets m\u00eame de se sentir si indiff\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n<p>A 11h, le capitaine fit sonner le clairon. On en entendit d\u2019autres r\u00e9pondre en \u00e9cho au-del\u00e0 de la brume mais, l\u2019interm\u00e8de termin\u00e9, les esprits et les ventres s\u2019inqui\u00e9t\u00e8rent \u00e0 nouveau de savoir si la roulante viendrait aujourd\u2019hui et avec de quoi renouveler l\u2019ordinaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019apr\u00e8s-midi les cloches d\u2019Og\u00e9viller sonn\u00e8rent pendant deux heures de rang. Cela ne troubla pas les plus abrutis de fatigue qui, accot\u00e9s par deux ou trois, \u00e9paules contre \u00e9paules, s\u2019\u00e9taient endormis la bouche ouverte, assis au fond du boyau le dos contre la terre. La nuit f\u00fbt sans lune et des plus tranquille. Il n\u2019y avait rien pour distraire les hommes de la lancinante tristesse qui impr\u00e9gnait le souvenir de leurs camarades disparus&nbsp;: ceux qui avaient rencontr\u00e9 leur destin, ceux qui n\u2019avaient pas eu de chance, ceux qui n\u2019avaient pas r\u00e9sist\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain, la torpeur se dissipa un peu. La rumeur courrait qu\u2019il n\u2019y aurait pas d\u2019ordre de d\u00e9placement avant quinze jours&nbsp;; il fallait bien s\u2019organiser. Vers 9h, les sentinelles annonc\u00e8rent des mouvements de repli dans les lignes allemandes.<\/p>\n\n\n\n<p>Georges, comme les autres, se hissa pour assister au spectacle. En face on faisait de m\u00eame&nbsp;; sous la visi\u00e8re des casques les regards se croisaient \u00e0 distance. Georges en resta interloqu\u00e9&nbsp;: avec un simple papier sign\u00e9 l\u00e0-bas, dans un autre monde, on pouvait ici, \u00e0 nouveau se regarder et se laisser vivre&nbsp;! Pourquoi avait-il fallu attendre quatre ans pour arriver \u00e0 \u00e7a&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi, les derni\u00e8res colonnes allemandes disparurent derri\u00e8re les collines qui d\u00e9limitaient, vers l\u2019Est, la vall\u00e9e de la Vezouze. Avec trois heures de retard, la roulante arriva enfin. Il n\u2019y restait plus que ce qui avait pu \u00eatre sauv\u00e9 du pillage des sections desservies avant eux le long de son trajet. On faillit en venir aux mains. Le soir, le lieutenant qui n\u2019avait rien d\u2019autre \u00e0 offrir, autorisa les feux pour donner un peu de r\u00e9confort \u00e0 la troupe.<\/p>\n\n\n\n<p>Georges, Auguste et Louis avaient fini par trouver un endroit o\u00f9 s\u2019installer, \u00e0 une centaine de m\u00e8tres de leur derni\u00e8re position en descendant vers la Vezouze. Tout le versant Est avait \u00e9t\u00e9 ravag\u00e9 par les tirs incessant de l\u2019artillerie allemande qui avait essay\u00e9 depuis deux mois de les d\u00e9loger de la cr\u00eate bois\u00e9e qui dominait \u00e0 la cote 300. Du bois, il ne restait plus que des troncs sans branches, des moignons d\u2019arbres de hauteur variable dont ils ne distinguaient plus dans l\u2019obscurit\u00e9 que les taches claires de leur d\u00e9chirures.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sol n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019une terre st\u00e9rile, sortie des profondeurs des crat\u00e8res, chaque nouvelle explosion venant bouleverser le relief cr\u00e9\u00e9 par la pr\u00e9c\u00e9dente. Dans ce chaos, ils avaient eu du mal \u00e0 trouver un endroit assez plat pour \u00e9tablir leur foyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les trois partageaient une enfance campagnarde, de celle qui apprend \u00e0 appr\u00e9cier le r\u00e9confort d\u2019un feu. Depuis qu\u2019ils \u00e9taient revenus sur la ligne de front, pas une fois ils n\u2019avaient pu profiter de ce bonheur. Quand il y eut assez de braises, Georges sortit de son Havresac une boite de \u00ab&nbsp;singe&nbsp;\u00bb et la cala au milieu avec deux pierres&nbsp;: pour une fois ils allaient manger chaud.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;H\u00e9 d\u2019o\u00f9 tu la sors celle-l\u00e0&nbsp;?&nbsp;\u00bb demanda Louis.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils continuaient de parler \u00e0 voix basse, intimid\u00e9s par le silence, craignant peut-\u00eatre de r\u00e9veiller les fracas et leurs cort\u00e8ges de terreur. A un moment Auguste n\u2019y tint plus&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Alors, Georges, on s\u2019en est sorti, hein, t\u2019as vu&nbsp;! Tu es bien oblig\u00e9 d\u2019y croire maintenant au destin, non&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Georges appr\u00e9ciait son sergent, il le tenait en estime depuis le jour o\u00f9 il avait refus\u00e9 de remonter ses hommes au front tant qu\u2019ils n\u2019auraient pas eu un ravitaillement correct mais il ne partageait pas sa fa\u00e7on de penser, cette mani\u00e8re de croire qu\u2019il y avait un Dieu qui d\u00e9cidait de tout. Pour lui, l\u2019enfer c\u2019\u00e9tait ici, le purgatoire c\u2019\u00e9tait les cantonnements \u00e0 15km derri\u00e8re la ligne de front, le paradis c\u2019\u00e9tait sa vie d\u2019avant. Il lui r\u00e9pondit avec son sourire goguenard&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu parles&nbsp;! On a eu de la chance, c\u2019est tout. On a eu des chances et on a su en profiter; rien d\u2019autre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A part des \u00e9corchures et des engelures, il n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, pourtant, quand il devait courir \u00e0 l\u2019autre bout des boyaux pour r\u00e9parer les lignes t\u00e9l\u00e9phoniques mises \u00e0 mal, il en avait eu des \u00ab&nbsp;marmites&nbsp;\u00bb qui lui \u00e9taient pass\u00e9es au ras des moustaches. Il avait l\u2019oreille, au sifflement qui les accompagnait il savait si \u00e7a passait au-dessus ou si c\u2019\u00e9tait pour lui. Il avait toujours trouv\u00e9 un recoin o\u00f9 s\u2019aplatir \u00e0 temps puis en ressortir, couvert de terre mais indemne. C\u2019est \u00e7a qu\u2019il appelait \u00ab&nbsp;ses chances&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et toi, Louis, qu\u2019est-ce que tu en penses&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu le sais bien que je n\u2019ai pas d\u2019avis, r\u00e9pondit Louis, et puis \u00e0 quoi \u00e7a sert de poser des questions quand on ne peut pas y r\u00e9pondre, hein&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quand il avait eu le poumon perfor\u00e9, Louis ne s\u2019\u00e9tait pas pos\u00e9 de questions. Apr\u00e8s que la douleur l\u2019eut jet\u00e9 \u00e0 terre il avait constat\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait toujours vivant et il s\u2019\u00e9tait juste dit&nbsp;: puisque c\u2019est comme \u00e7a, je vais vivre. Il y avait gagn\u00e9 trois mois d\u2019abri \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, ensuite il \u00e9tait retourn\u00e9 dans la fournaise&nbsp;; parce qu\u2019il \u00e9tait gu\u00e9ri, parce que c\u2019\u00e9tait comme \u00e7a. Il prendrait ce qui viendrait. On lui avait \u00e9pargn\u00e9 de retourner \u00e0 la sape, trop physique apr\u00e8s sa blessure. Il en avait \u00e9t\u00e9 soulag\u00e9. De piocher \u00e0 genoux pour creuser les \u00ab&nbsp;fourneaux&nbsp;\u00bb, l\u2019oreille sur le qui-vive \u00e0 guetter l\u2019avanc\u00e9e des taupes d\u2019en face, il en \u00e9tait sorti \u00e9puis\u00e9. A quoi \u00e7a aurait pu lui servir, quand il \u00e9tait tout seul au c\u0153ur de la terre, de se demander s\u2019il \u00e9tait encore vivant ou d\u00e9j\u00e0 mort&nbsp;? Il fallait creuser, il avait creus\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>On lui avait dit que maintenant il irait aux projecteurs. Il avait entendu dire que c\u2019\u00e9tait le meilleur endroit pour se faire d\u00e9gommer par les artilleurs mais il avait juste demander sur quel secteur il devait aller. Il se m\u00e9fiaient de l\u2019avis des autres, il verrait bien par lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre les trois hommes la conversation s\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9e, le \u00ab&nbsp;singe&nbsp;\u00bb n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un souvenir, chacun fixait les flammes ab\u00eem\u00e9s dans ses pens\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Louis regardait ses mains calleuses, dess\u00e9ch\u00e9es par l\u2019avidit\u00e9 de la terre, r\u00e2peuses comme de l\u2019\u00e9meri par les morsures du gel. Ces mains-l\u00e0, sauraient-elles encore un jour donner des caresses&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Auguste se leva pour remettre du bois sur le feu qui faiblissait. La nuit venait juste de commencer et les matins de novembre \u00e9taient terribles par ici. A nouveau les flammes montaient hautes et lumineuses, charg\u00e9es d\u2019esp\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand la chaleur du foyer eut suffisamment diffus\u00e9e dans la terre, l\u2019obus qui y \u00e9tait enseveli, intact, lib\u00e9ra sa haine. Dans un claquement de tonnerre, une nu\u00e9e de braises et de terre s\u2019\u00e9leva dans les airs pendant que des entrailles jaillissait la gr\u00eale serr\u00e9e des shrapnels pulv\u00e9risant les tisons, broyant les os, d\u00e9chiquetant les chairs.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le versant qui descendait \u00e0 la Vezouze, un nouveau crat\u00e8re s\u2019\u00e9tait form\u00e9. \u00c9parpill\u00e9s sur ses bords, les lambeaux d\u2019Auguste, Georges et Louis s\u2019\u00e9taient m\u00eal\u00e9s dans une ultime communion avec l\u2019argile. Celui qui croyait \u00e0 son destin, celui qui croyait \u00e0 la chance, celui qui attendait de voir. Leur diff\u00e9rence \u00e9tait insignifiante.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Quelques explications : l&rsquo;histoire de ces soldats, morts apr\u00e8s l&rsquo;armistice d&rsquo;avoir fait un feu l\u00e0 o\u00f9 il ne fallait pas, m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9e par mon p\u00e8re qui la tenait lui m\u00eame de son p\u00e8re : je la tiens donc pour vraie. Pour l&rsquo;\u00e9toffer et la rendre moins \u00ab\u00a0fait divers\u00a0\u00bb, j&rsquo;y ai introduit comme personnages, mes grands-p\u00e8res et le fr\u00e8re de ma grand-m\u00e8re. C&rsquo;est en cela que j&rsquo;en ai fait une \u00ab\u00a0fiction vraie\u00a0\u00bb car la sape, la blessure au poumon, le service des projecteurs, le t\u00e9l\u00e9phoniste, le refus de remonter au front le ventre vide sont des choses v\u00e9cues qui nous sont parvenues soit oralement, soit par des \u00e9crits retrouv\u00e9s. Pour le lieu, j&rsquo;ai d\u00e9plac\u00e9 la bataille du Bois Le-Pr\u00eatre  &#8211; 1916, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Pont-\u00e0-Mousson &#8211; , relat\u00e9e dans un carnet manuscrit de Georges, sur la ligne de front telle qu&rsquo;elle \u00e9tait en novembre 1918, en cherchant une cr\u00eate bois\u00e9e dominant une rivi\u00e8re. Entre Og\u00e9viller et Fr\u00e9m\u00e9nil, cette cr\u00eate existe et quand je dis qu&rsquo;elle culmine \u00e0 la cote 300 : foi de topographe, c&rsquo;est vrai !<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai une profonde admiration pour la r\u00e9silience dont a fait preuve cette g\u00e9n\u00e9ration :  d&rsquo;abord pendant ces quatre ann\u00e9es d&rsquo;horreur puis ensuite en ayant le courage de faire semblant d&rsquo;oublier pour croire \u00e0 nouveau \u00e0 la vie. Ce texte est un hommage.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-grid wp-container-core-group-is-layout-e766bbef wp-block-group-is-layout-grid\" style=\"border-width:1px;background-color:#b0c2d9\">\n<p class=\"wp-container-content-bfbf5994\" style=\"margin-right:0;margin-left:0\">\u2b50 Laissez votre avis sur cet article !<\/p>\n\n\n<div class=\"glsr glsr-default\" id=\"glsr_dca99f8c\" data-from=\"block\" data-shortcode=\"site_reviews_form\" data-assigned_posts=\"1585\" data-hide=\"title,content,name,email,terms\"><div class=\"glsr-form-wrap\">\n    <form class=\"glsr-review-form glsr-form\" method=\"post\" enctype=\"multipart\/form-data\">\n        <input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_action]\" value=\"submit-review\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_nonce]\" value=\"f57aa620ec\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_post_id]\" value=\"1585\" \/>\n<input 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