{"id":763,"date":"2019-03-15T23:19:00","date_gmt":"2019-03-15T22:19:00","guid":{"rendered":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/?p=763"},"modified":"2025-09-14T21:26:43","modified_gmt":"2025-09-14T19:26:43","slug":"la-rue-de-lyser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/text\/la-rue-de-lyser\/","title":{"rendered":"La rue de l&rsquo;Yser"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"is-style-text-annotation is-style-text-annotation--1\">temps de lecture 10 mn<\/p>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">mars 2019<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9ambule&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Pierrot a repris sa plume pour \u00e9crire un mot. Il y a tellement longtemps que cela ne m\u2019\u00e9tait pas arriv\u00e9 que, d\u00e9cemment, je ne peux plus appeler \u00e7a un billet du jour&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Texte, pr\u00e9texte au plaisir des mots, comme toujours, mais celui-l\u00e0 h\u00e9site. Il ne sait pas trop o\u00f9 raconter, alors il suit une rue. C\u2019est une sorte de rubrique \u00e0 brac \u00e0 la Pagnol, avec trois moiti\u00e9s&nbsp;: moiti\u00e9 souvenirs, moiti\u00e9 digressions, moiti\u00e9 id\u00e9es courtes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vous laisse le soin de classer \u00e7a dans ce que vous voudrez.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">La rue de l\u2019Yser<\/h3>\n\n\n\n<p>La rue de l\u2019Yser est toute droite et pourtant ind\u00e9cise. C\u2019est une de ces rues fronti\u00e8res entre deux villes dont on ne sait jamais trop \u00e0 laquelle elle appartient. Son h\u00e9sitation entre Bourg-la-Reine et Sceaux se ressent dans l\u2019aspect des maisons qui s\u2019\u00e9gr\u00e8nent le long de ses num\u00e9ros impairs.<\/p>\n\n\n\n<p>On trouve de tout. De hautes fa\u00e7ades de meuli\u00e8re vous toisent, le regard dans l\u2019ombre de leur large d\u00e9bord de toit. Elles c\u00f4toient des petites maisons cr\u00e9pies, sans \u00e9tage, avec deux fen\u00eatres sym\u00e9triques de part et d\u2019autre d\u2019une porte juch\u00e9e sur un perron de trois marches.<\/p>\n\n\n\n<p>On y voit aussi des quadrillages de briques sombres qui agr\u00e9mentent des murs lisses, des rambardes en b\u00e9ton en forme de branches, o\u00f9 viennent s\u2019enrouler des glycines.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le temps, des verrues plus modernes sont venues se coller pour rajouter une loggia ou deux pi\u00e8ces suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jardinets sont \u00e0 l\u2019avenant. On en trouve tapiss\u00e9s d\u2019aiguilles sous la vo\u00fbte sombre d\u2019un c\u00e8dre qui a trop grandi et qui mange maintenant toute la lumi\u00e8re. D\u2019autres sont des g\u00e9om\u00e9tries de plaques de ciment qui soulignent des bordures basses de buis bien taill\u00e9. Plus loin, ce sont des colonies de pissenlits qui se r\u00e9jouissent du d\u00e9sint\u00e9r\u00eat des propri\u00e9taires.<\/p>\n\n\n\n<p>Les num\u00e9ros pairs n\u2019existent pas, ou presque. De leur c\u00f4t\u00e9 il n\u2019y a qu\u2019un seul voisin d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: la ligne de m\u00e9tro du R.E.R. B, cette-l\u00e0 m\u00eame qui emmenait jadis les parisiens en goguette vers les guinguettes de Robinson. Ce voisinage parall\u00e8le vaut au promeneur d\u2019avoir toutes les chances, durant son trajet, d\u2019y \u00eatre crois\u00e9 ou doubl\u00e9 par une rame. En premier, c\u2019est l\u2019oreille qui est avertie par des claquements annonciateurs qui courent le long des rails, puis vient le roulement m\u00e9tallique qui va crescendo. L\u2019\u0153il re\u00e7oit ensuite en pleine face, haut perch\u00e9 au dessus du ballast, un bref d\u00e9ferlement de silhouettes entre-aper\u00e7ues dans des encadrements de vitres \u00e9clair\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai dit \u00ab&nbsp;presque&nbsp;\u00bb car \u00e0 son extr\u00e9mit\u00e9, la rue de l\u2019Yser fait un angle qui l\u2019\u00e9carte de la voie ferr\u00e9e progressivement. Dans le triangle effil\u00e9 de cet espace lib\u00e9r\u00e9, une maison toute simple est venue se glisser dans la partie la plus large. Elle coiffe un garage que le gabarit des voitures d\u2019aujourd\u2019hui a rendu trop \u00e9troit&nbsp;; juste quatre petites portes en bois perc\u00e9es de hublots. Par une bizarrerie qu\u2019on s\u2019explique mal, le niveau du jardin est plus haut que celui la rue et les terres sont retenues par un mur de briques brutes qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 cr\u00e9pi. Sous trois ou quatre arbres fruitiers, la pelouse de ce jardin en coin m\u2019a toujours intrigu\u00e9e. Longtemps elle f\u00fbt agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019une sorte de petite rigole en creux, soigneusement d\u00e9coup\u00e9e et d\u00e9sherb\u00e9e qui dessinait des arabesques et des volutes o\u00f9 des groupes de crocus et de primev\u00e8res pointaient leurs nez au printemps.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous l\u2019aurez compris, la rue de l\u2019Yser est l\u2019une de ces rues de banlieue pavillonnaire, tout \u00e0 fait commune o\u00f9 des petits bouts de vie priv\u00e9e se prot\u00e8gent derri\u00e8re les grilles et les murs \u00e0 pilastres.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi sortir du lot tant de banalit\u00e9 pour en faire un sujet d\u2019\u00e9criture&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord car pour moi, cette rue est jalonn\u00e9e de souvenirs. Sans assiduit\u00e9 mais r\u00e9guli\u00e8rement, je l\u2019ai fr\u00e9quent\u00e9e et je la fr\u00e9quente toujours depuis cinquante ans&nbsp;: privil\u00e8ge des vrais casaniers.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite parce que cette fr\u00e9quentation a un motif qui se rattache \u00e0 ma mauvaise conscience.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma mauvaise conscience d\u2019homme-tronc&nbsp;; de ceux qui, d\u2019abord \u00e9l\u00e8ves vo\u00fbt\u00e9s sur leurs pupitres, sont devenus ensuite des bureaucrates invert\u00e9br\u00e9s avant de finir adorateurs d\u2019\u00e9crans et qui, dans ce cheminement, ont pos\u00e9 les assises de leurs vies sur leurs s\u00e9ants. Ces hommes immobiles, que le corps m\u00e9dical unanime inonde de mises en garde contre les m\u00e9faits de la s\u00e9dentarit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, il est arriv\u00e9 que devant tant d\u2019insistance, les trottoirs de la rue de l\u2019Yser accueillent les pieds avec lesquels j\u2019accordais \u00e0 mon corps sa demi-heure de marche salvatrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre ma maison, \u00e0 Fontenay-aux-Roses, et la gare de Bourg-la-Reine, il me fallait pour cela renoncer \u00e0 la mollesse ankylosante du \u00ab&nbsp;transport\u00e9 en commun&nbsp;\u00bb pour affronter l\u2019asc\u00e9tisme fortifiant du pi\u00e9ton autonome.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premi\u00e8res fois o\u00f9 j\u2019ai fait ces d\u00e9votions, c\u2019\u00e9tait en 2004. J\u2019ai oubli\u00e9 ce qui m\u2019avait convaincu.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019\u00e9poque, mes soir\u00e9es \u00e9taient remplies des obligations d\u2019un p\u00e8re de famille \u00e0 temps plein et j\u2019avais plut\u00f4t opt\u00e9 pour un trajet journalier matinal.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai gard\u00e9 le souvenir de matins d\u2019hiver frisquets o\u00f9 la derni\u00e8re et longue ligne droite de la rue de l\u2019Yser m\u2019emmenait vers la chaleur r\u00e9confortante des rames du R.E.R.. Il me semble que pendant trois ou quatre mois j\u2019ai fait preuve d\u2019assez d\u2019assiduit\u00e9 dans cette pratique. La satisfaction d\u2019avoir trouv\u00e9 le courage de partir chaque matin vingt-cinq minutes plus t\u00f4t me faisait sans doute autant de bien que l\u2019exercice de la marche en lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, comme il se dit des bravoures entreprises aux aurores, j\u2019en \u00e9tais tr\u00e8s fier toute la matin\u00e9e et bien fatigu\u00e9 tout l\u2019apr\u00e8s-midi. Las&nbsp;! L\u2019eau finit toujours par aller au plus court chemin. A l\u2019\u00e9preuve des jours, la fatigue l\u2019a emport\u00e9 sur la fiert\u00e9 et l\u2019homme-tronc a repris son si\u00e8ge sur toute la ligne.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Dix ann\u00e9es ont pass\u00e9 avant que j\u2019arpente \u00e0 nouveau la rue de l\u2019Yser. Entre temps beaucoup de choses avaient chang\u00e9. Le soir, plus rien ne me pressait et la maison vide pouvait bien m\u2019attendre une demi-heure de plus&nbsp;; c\u2019est donc au retour que j\u2019abandonnais mon train \u00e0 Bourg-la-Reine pour m\u2019offrir la derni\u00e8re \u00e9tape en pi\u00e9ton.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai bien dis \u00ab&nbsp;m\u2019offrir&nbsp;\u00bb car, dix ans plus tard, j\u2019\u00e9tais lass\u00e9 des directives, des principes, des obligations, des plannings et autres objectifs. Rue de l\u2019Yser, je te foulerai du pied encore une fois mais seulement si je le veux bien&nbsp;! Ce soir, ce sera au gr\u00e9 de mon humeur, d\u2019une douceur dans l\u2019air, d\u2019une couleur dans le ciel\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait toujours la bonne conscience de l\u2019exercice physique mais j\u2019y ajoutais la saveur de la libert\u00e9. Quand l\u2019esprit est dans ces dispositions, le corps lui embo\u00eete le pas et marcher est un plaisir. J\u2019essayais de d\u00e9guster au mieux ces interm\u00e8des p\u00e9destres. A cette \u00e9poque, j\u2019avais suspendu ma pratique du yoga mais je n\u2019en n\u2019avais pas oubli\u00e9 les principes et je tentais de les appliquer \u00e0 ma marche. Go\u00fbter le contact de la plante des pieds, \u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute du va et vient des mollets, synchroniser la respiration avec le balancement des foul\u00e9es, arr\u00eater de tendre le buste vers l\u2019avant et s\u2019imaginer plut\u00f4t tir\u00e9 par une corde \u00e0 hauteur de ceinture. Rien que cette attention finissait par vider ma t\u00eate des vilaines pens\u00e9es qui la rendaient bougonne. Conjuguer la concentration et la d\u00e9tente&nbsp;: il n\u2019y a bien que les orientaux pour se donner de pareils d\u00e9fis&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, toutes ces d\u00e9ambulations ne sont que la partie \u00e9mergente de l\u2019iceberg qui m\u2019attache \u00e0 cette rue. L\u2019essentiel de cette masse affective baigne dans l\u2019eau d\u2019une piscine&nbsp;: la piscine des Blagis, au n\u00b0 5 de la rue de l\u2019Yser.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma m\u00e9moire, qui commence \u00e0 \u00eatre un peu brumeuse vers les lointains, date sa naissance au tout d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Elle faisait partie de ces grands programmes d\u2019\u00e9quipements sportifs qui devaient ramener la France dans le peloton des autres pays europ\u00e9ens. B\u00e9ton, verre, acier, toute une fratrie de ces b\u00e2timents vite faits et pas trop bien faits, de ces passoires \u00e0 calories que nous ont laiss\u00e9es les ann\u00e9es du p\u00e9trole roi. L\u2019adolescent que j\u2019\u00e9tais ne voyait \u00e9videmment pas ces d\u00e9fauts, trop content de pouvoir profiter d\u2019une piscine proche de chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p>La natation est sans doute l\u2019activit\u00e9 physique que j\u2019ai pratiqu\u00e9 le plus r\u00e9guli\u00e8rement, je suis ce qu\u2019on peut appeler un \u00ab&nbsp;piscineux&nbsp;\u00bb. Les eaux des rivi\u00e8res sont froides, les eaux des mers sont souvent troubles et toujours poisseuses de leur sel. Rien ne vaut la belle eau claire des piscines, surtout quand un soleil oblique illumine de fresques mouvantes le fond des bassins. Voil\u00e0 qui fera sans doute bondir ceux qui sont convaincus que ce ne sont que de grands bouillons de culture&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019\u00e9tait pourtant pas gagn\u00e9. Mes premiers souvenirs sont ceux d\u2019un enfant grelottant, accroch\u00e9 \u00e0 sa corniche, apeur\u00e9 par les gouffres du grand bain et je suis incapable de retracer la mutation qui m\u2019a amen\u00e9 \u00e0 l\u2019adolescent qui faisait des concours d\u2019\u00e9claboussures en sautant joyeusement dans l\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>A cette \u00e9poque, mes fr\u00e9quentations de la piscine \u00e9taient li\u00e9es \u00e0 des histoires d\u2019amiti\u00e9s&nbsp;: avec le copain Fran\u00e7ois quand on s\u2019\u00e9brouait comme de jeunes chiens puis avec l\u2019ami Claude quand je devins un nageur appliqu\u00e9. Ce n\u2019est que plus tard, dans ma route d\u2019adulte, que la piscine est devenue un lieu privil\u00e9gi\u00e9 de rencontre avec moi-m\u00eame, mes articulations, mes muscles et mes poumons, leurs plaisirs et leurs douleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec la piscine de la rue de l\u2019Yser, nous sommes comme un vieux couple. Apr\u00e8s la passion de la jeunesse, je lui ai fait des infid\u00e9lit\u00e9s temporaires avec celles de Bagneux puis de Montrouge. Nous avons eu notre d\u00e9samour quand mon corps \u00e9tait en d\u00e9sarroi, puis nos retrouvailles quand j\u2019ai repris pied.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, la piscine de la rue de l\u2019Yser a reverdi de fonds en combles. Plus de deux ans de travaux pour lui faire une isolation durable, lui apprendre \u00e0 pomper la chaleur, \u00e0 nettoyer ses eaux \u00e0 l\u2019ozone, \u00e0 se d\u00e9sintoxiquer du chlore. La faire encore grandir pour accueillir, dans un bassin suppl\u00e9mentaire, la mode de l\u2019aquagym et, pour finir, l\u2019habiller d\u2019une belle robe en bois. Pendant tout ce temps, je l\u2019ai attendu patiemment. A chacun de mes voyages, au travers de la vitre du compartiment qui m\u2019emmenait en filant vers Paris, je suivais \u00e0 la vol\u00e9e les avancements de cette renaissance vertueuse. Je m\u2019amusais \u00e0 croire qu\u2019elle se refaisait une beaut\u00e9 rien que pour moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis que je suis \u00e0 la retraite, j\u2019ai chang\u00e9 mes habitudes. J\u2019ai c\u00e9d\u00e9 aux travailleurs ma place du dimanche matin, d\u00e9j\u00e0 bien encombr\u00e9, pour le cr\u00e9neau du mercredi midi, plus tranquille.<\/p>\n\n\n\n<p>La rue de l\u2019Yser aussi a suivi la mode&nbsp;: elle a banni la voiture qui a si mauvaise presse maintenant. Le petit parking du n\u00b05 est devenu payant et, un peu plus loin, le grand de la gare de Sceaux n\u2019est plus qu\u2019un vaste chantier d\u2019immeubles en construction. Alors moi aussi je suis devenu vertueux, je viens maintenant avec ma bicyclette que j\u2019attache consciencieusement aux potences pr\u00e9vues, en face de l\u2019entr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>En m\u2019arr\u00eatant au n\u00b05, j\u2019en emprunte juste un petit bout, mais \u00e7a me suffit pour voir que la rue aussi a vieilli. La petite maison toute simple, coinc\u00e9e contre la voie ferr\u00e9e, est \u00e0 l\u2019abandon. On a mur\u00e9 le garage et ses portes \u00e0 hublots. Les arabesques, qui semblaient trac\u00e9es par la gouge d\u2019un jardinier-\u00e9b\u00e9niste, ont disparu, noy\u00e9es dans les herbes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas jusqu\u2019o\u00f9 ira mon histoire avec la rue de l\u2019Yser&nbsp;; l\u2019avenir peut avoir des d\u00e9tours si impr\u00e9vus. Je me suis promis qu\u2019un jour prochain je la parcourrai \u00e0 nouveau d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une promenade. Juste comme \u00e7a, pour voir si j\u2019y retrouve, accroch\u00e9s aux grillages des cl\u00f4tures, les morceaux de souvenirs que j\u2019y ai laiss\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-grid wp-container-core-group-is-layout-e766bbef wp-block-group-is-layout-grid\" style=\"border-width:1px;background-color:#b0c2d9\">\n<p class=\"wp-container-content-bfbf5994\" style=\"margin-right:0;margin-left:0\">\u2b50 Laissez votre avis sur cet article !<\/p>\n\n\n<div class=\"glsr glsr-default\" id=\"glsr_dca99f8c\" data-from=\"block\" data-shortcode=\"site_reviews_form\" data-assigned_posts=\"763\" data-hide=\"title,content,name,email,terms\"><div class=\"glsr-form-wrap\">\n    <form class=\"glsr-review-form glsr-form\" method=\"post\" enctype=\"multipart\/form-data\">\n        <input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_action]\" value=\"submit-review\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_nonce]\" value=\"f57aa620ec\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_post_id]\" value=\"763\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_referer]\" value=\"\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[assigned_posts]\" value=\"763\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[assigned_terms]\" value=\"\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[assigned_users]\" value=\"\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[excluded]\" value=\"title, content, name, email, terms\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[form_id]\" value=\"glsr_dca99f8c\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[terms_exist]\" value=\"0\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[form_signature]\" value=\"kiAIPtGZdAFowrBurcS_ca7-xPp53acQ7j476rr-hhUN5jz-Ue4hjXcNAah5wHYQFeVW0ej-l_Ab1PCiP4CgrBPuenOwwwluhfcMjyFeGAhPtYRwgnx3Mu7cGJUcomK1e5JyBGL3cDffPncjU9K0RYS0Ww6zQCJp60Fj48GYAe6FddYKXcR2VhSzs72QsN0jBxinBJc5PCia_T5Bxmc6znbKhyKbJKxCcfMMKXK_lxuWISwlm1ijqg5NSQNoNSBq0pqsPqqIKfJC1zLCYK91V44B-9SXhlNa9CaXCccxE7Ntoy3I5bpaZcyUl7HH7-XnMBmvCNUTQHm3Vx8D2Y20-V4vMshXH1JLQSDi2-osgzVxHeQ2FSePEPlImNli16cLIkQ4JMu7uSqueQcl4Eg2BaH744EcZivziJEcPfo7CWhk0WWMxcUfRUP93RRdWBTvU2KCv0CtgeoP\" \/>\n<div class=\"glsr-field\" style=\"display:none;\"><label for=\"site-reviews-14819ebc-glsr_dca99f8c\">Votre avis<\/label><input type=\"text\" class=\"glsr-input glsr-input-text\" id=\"site-reviews-14819ebc-glsr_dca99f8c\" name=\"site-reviews[14819ebc]\" value=\"\" \/><\/div>\n<div class=\"glsr-field glsr-field-rating glsr-required\" data-field=\"rating\">\n    <label class=\"glsr-label\" for=\"glsr_dca99f8c-rating\">\n    <span>Votre note globale<\/span>\n<\/label>\n    <select class=\"browser-default disable-select no_wrap no-wrap glsr-select\" id=\"glsr_dca99f8c-rating\" name=\"site-reviews[rating]\" required><option value=\"\">S\u00e9lectionnez une note<\/option><option value=\"5\">5 \u00e9toiles<\/option><option value=\"4\">4 \u00e9toiles<\/option><option value=\"3\">3 \u00e9toiles<\/option><option value=\"2\">2 \u00e9toiles<\/option><option value=\"1\">1 \u00e9toile<\/option><\/select>\n    <div class=\"glsr-field-error\"><\/div>\n<\/div>\n        <div class=\"glsr-form-message\">\n    \n<\/div>\n        <div data-field=\"submit-button\">\n    <div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex\">\n        <div class=\"wp-block-button\">\n            <button type=\"submit\" class=\"glsr-button wp-block-button__link wp-element-button\" aria-busy=\"false\" data-loading=\"Submitting, please wait...\">Envoyer un avis<\/button>\n        <\/div>\n    <\/div>\n<\/div>\n    <\/form>\n<\/div><\/div>\n\n<div class=\"glsr glsr-default\" id=\"glsr_53562f65\" data-from=\"block\" data-shortcode=\"site_reviews_summary\" data-assigned_posts=\"763\" data-hide=\"bars,if_empty\"><\/div>\n\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"is-style-text-annotation has-medium-font-size is-style-text-annotation--2\" style=\"margin-top:var(--wp--preset--spacing--30);margin-right:0;margin-bottom:var(--wp--preset--spacing--30);margin-left:0;font-style:normal;font-weight:100\">Si vous souhaitez voir d&rsquo;autres publications sur le m\u00eame sujet, cliquez sur l&rsquo;\u00e9tiquette ci-dessous<\/p>\n\n\n<div class=\"taxonomy-post_tag wp-block-post-terms\"><a href=\"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/tag\/ville\/\" rel=\"tag\">ville<\/a><\/div><\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toute une vie le long d&rsquo;une rue (lect.10mn)<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":591,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"publication-diaporama","format":"standard","meta":{"_glsr_average":0,"_glsr_ranking":0,"_glsr_reviews":0,"footnotes":""},"categories":[16,14],"tags":[26],"class_list":["post-763","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-souv-digr","category-text","tag-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/763","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=763"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/763\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1177,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/763\/revisions\/1177"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/591"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=763"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=763"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=763"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}