{"id":950,"date":"2019-08-15T11:18:00","date_gmt":"2019-08-15T09:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/?p=950"},"modified":"2025-09-14T21:28:46","modified_gmt":"2025-09-14T19:28:46","slug":"les-ateliers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/text\/les-ateliers\/","title":{"rendered":"Les ateliers"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"is-style-text-annotation is-style-text-annotation--1\">temps de lecture 13 mn<\/p>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Souvenirs et digressions ao\u00fbt 2019<\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">Les ateliers<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans nos habitations d\u2019aujourd\u2019hui, un nouvel espace est apparu de mani\u00e8re r\u00e9currente&nbsp;: celui qu\u2019on appelle le bureau. Simple encoignure ou pi\u00e8ce \u00e0 part enti\u00e8re, selon la place disponible, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on conserve les papiers que l\u2019on refuse encore \u00e0 la d\u00e9mat\u00e9rialisation. C\u2019est l\u00e0 aussi que tr\u00f4ne l\u2019indispensable ordinateur, du moins, pour ceux qui ne sont pas assez jeunes pour oser r\u00e9duire leurs \u00e9changes avec le vaste monde \u00e0 de fr\u00e9n\u00e9tiques coups de pouce sur l\u2019\u00e9cran d\u2019un smart-phone.<\/p>\n\n\n\n<p>Je fais partie de cette g\u00e9n\u00e9ration qui a intronis\u00e9 l\u2019apparition du \u00ab&nbsp;bureau&nbsp;\u00bb dans notre environnement domestique. Et pourtant, je n\u2019ai pas oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je viens d\u2019un monde o\u00f9 le travail \u00e9tait manuel ou n\u2019\u00e9tait pas, et je n\u2019ai rien oubli\u00e9 de cette pi\u00e8ce incontournable qui \u00e9tait pr\u00e9sente dans toutes les maisons de mes proches parents&nbsp;: l\u2019atelier.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez mon grand-p\u00e8re, qui habitait une petite maison de ville, l\u2019atelier \u00e9tait dans la cave. Un sous-bassement aveugle qui n\u2019ouvrait sur la rue que par deux soupiraux de t\u00f4le perc\u00e9e, au travers desquels on entrevoyait des pieds fugaces et anonymes foulant le trottoir. Cette cave poss\u00e9dait une odeur particuli\u00e8re que je ne retrouvais nulle part ailleurs. L\u2019humidit\u00e9 de sa terre battue, le charbon pour le po\u00eale qu\u2019on y entreposait&nbsp;? Je ne saurais aujourd\u2019hui ni en expliquer la cause ni la d\u00e9crire pr\u00e9cis\u00e9ment mais il me semble que je la reconna\u00eetrais entre mille.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa maison de Bagneux, mon oncle avait install\u00e9 son atelier dans une partie du sous-sol o\u00f9 il garait sa voiture. Il occupait deux pans de mur de part et d\u2019autre de la porte qui menait au jardin, sur l\u2019arri\u00e8re du pavillon. J\u2019en garde peu de souvenirs car nous y allions rarement. Je l\u2019associe \u00e0 un garage de m\u00e9canique. Sans doute \u00e0 cause d\u2019un vieux scooter vert qu\u2019il avait remis en \u00e9tat de marche et que j\u2019avais vu, un jour, toutes les tripes \u00e0 l\u2019air.<\/p>\n\n\n\n<p>Je connais mieux l\u2019antre qu\u2019il s\u2019\u00e9tait am\u00e9nag\u00e9, une fois \u00e0 la retraite, dans sa maison de Sainte-Genevi\u00e8ve-des-Bois. Et pour cause, je descends encore y fureter quelque fois quand il s\u2019agit de d\u00e9panner ma tante, clou\u00e9e par sa solitude et son grand \u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Une vaste pi\u00e8ce au sous-sol et archi pleine comme il se doit. Des rangements contre tous les murs pleins, l\u2019\u00e9tabli sous la fen\u00eatre \u00e0 demi enterr\u00e9e et, laissant juste une circulation p\u00e9riph\u00e9rique, un carr\u00e9 central, irr\u00e9ductible, de machines, d\u2019outils, de caisses d\u00e9bordantes, d\u2019appareils au rebut, amoncel\u00e9s l\u00e0 dans un d\u00e9sordre o\u00f9 seul mon oncle se retrouvait.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re, lui aussi, avait investi un quart du sous-sol pour y \u00e9tablir son quartier g\u00e9n\u00e9ral. C\u2019est l\u00e0 que s\u2019\u00e9laboraient et se pr\u00e9paraient toutes les grandes man\u0153uvres d\u2019am\u00e9nagement qu\u2019il lan\u00e7ait dans les \u00e9tages au fur et \u00e0 mesure que, ma s\u0153ur et moi grandissions, et que le confort moderne jetait aux oubliettes des habitations la sobri\u00e9t\u00e9 spartiate des ann\u00e9es 50.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 \u00e0 la ferraille, mon p\u00e8re aimait travailler le bois. Au fil des ann\u00e9es, il avait investi dans un ensemble de machines \u00e0 bois, scie circulaire, d\u00e9gauchisseuse, toupie, mortaiseuse, toutes anim\u00e9es par un m\u00eame gros moteur \u00e9lectrique qu\u2019il fallait alimenter en 380V. J\u2019ai tellement entendu le chant de ces machines pendant mon enfance, que je l\u2019ai toujours dans l\u2019oreille. La fr\u00e9quence monotone du moteur \u00e9lectrique, lanc\u00e9 \u00e0 pleine vitesse, attendant l\u2019ouvrage, soutenu par le sifflement des courroies de transmission, puis le cri strident de la scie circulaire qui d\u00e9chirait les fibres du bois et, en fin de coupe, cette petite r\u00e9sonance cristalline du disque d\u2019acier tremp\u00e9 qui vibrait encore, apr\u00e8s l\u2019effort, comme pour dire \u00ab&nbsp;Ouf, je l\u2019ai eu&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a et les coups de marteaux, c\u2019\u00e9tait notre berceuse du week-end.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je me suis mari\u00e9, point de d\u00e9paysement, mon beau-p\u00e8re \u00e9tait de la m\u00eame race.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019 \u00ab&nbsp;atelier du papi&nbsp;\u00bb \u00e9tait un petit b\u00e2timent ind\u00e9pendant, construit pour tel au fond du jardin, et qui occupait toute la largeur de l\u2019\u00e9troite parcelle. De tous les ateliers que je connaissais c\u2019\u00e9tait sans doute le plus rustique, le plus rude et le plus pittoresque. Une sorte de temple du temps jadis \u00e9lev\u00e9 \u00e0 l\u2019honneur de la ferraille. La forge et son enclume ind\u00e9pla\u00e7able, la perceuse \u00e0 colonne monumentale et ses engrenages graisseux, la meule, toute aussi impressionnante, n\u2019auraient pas d\u00e9pareill\u00e9 dans l\u2019\u00e9choppe d\u2019un artisan ayant pignon sur rue.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je n\u2019ai parl\u00e9 qu\u2019au masculin. Bien-s\u00fbr il y avait une grand-m\u00e8re, une tante, une m\u00e8re, une belle-m\u00e8re qui chacune tenait, et \u00f4 combien, leurs r\u00f4les. Mais l\u2019atelier, c\u2019\u00e9tait le domaine des hommes. C\u2019est \u00e0 eux qu\u2019il incombait de se colleter avec la rudesse de la mati\u00e8re. S\u2019il y avait un machisme, il ne d\u00e9rangeait personne, il \u00e9tait assum\u00e9 et accept\u00e9, int\u00e9gr\u00e9 dans l\u2019ordre du monde. C\u2019\u00e9tait une \u00e9poque ou la parit\u00e9 ne concernait que les nombres, pas les genres.<\/p>\n\n\n\n<p>Chacun de ces lieux avait des particularit\u00e9s qui refl\u00e9taient leur propri\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re &#8211; avec qui je partage l\u2019incapacit\u00e9 \u00e0 voir, sous les yeux, un objet qui n\u2019est pas \u00e0 la place que le cerveau lui a attribu\u00e9e &#8211; avait ordonn\u00e9 son atelier \u00e0 l\u2019extr\u00eame. Il s\u2019\u00e9tait confectionn\u00e9 un \u00e9tabli et des placards qui s\u2019assimilaient sans peine \u00e0 un comptoir de quincaillerie. Je vois encore les alignements de bo\u00eetes de vis, qu\u2019il avait d\u00e9coup\u00e9es et form\u00e9es dans la t\u00f4le de bidons d\u2019huile usag\u00e9s, toutes soigneusement \u00e9tiquet\u00e9es et class\u00e9es au long des \u00e9tag\u00e8res et des contre-portes. Son int\u00e9grisme, que je jugeais excessif, l\u2019avait m\u00eame pouss\u00e9 \u00e0 planter des petits clous et dessiner, au fond de ses tiroirs, les contours des pinces, clefs, pointeaux et autres tourne-vis de tout calibre qui venaient s\u2019y ranger.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re et mon oncle s\u2019\u00e9taient connus sur les bancs de l\u2019\u00e9cole Diderot, \u00e0 Paris, o\u00f9, en plus d\u2019apprendre la chaudronnerie, on leur avait inculqu\u00e9 les valeurs du travail soign\u00e9 et pr\u00e9cis.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans d\u00e9roger \u00e0 ces principes, mon oncle, lui, s\u2019accommodait tr\u00e8s bien du d\u00e9sordre de son atelier. Il y avait l\u00e0 une sorte de nonchalance apparente qui correspondait bien \u00e0 la bonhomie heureuse et patiente avec laquelle il acceptait les contrari\u00e9t\u00e9s de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon beau-p\u00e8re, qui semblait avancer dans l\u2019existence avec une force et une d\u00e9termination immuables, s\u2019\u00e9tait fait, \u00e0 son image, un atelier imposant o\u00f9 la mati\u00e8re n\u2019avait d\u2019autre choix que de se plier \u00e0 ses projets.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, malgr\u00e9 ces disparit\u00e9s, ces lieux avaient quand m\u00eame des points communs.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait tous des cavernes d\u2019Ali-Baba de pi\u00e8ces de r\u00e9cup\u00e9ration . Chez ces gens l\u00e0, Monsieur, on ne jetait pas, Monsieur, on ne jetait pas\u2026 aurait pu dire d\u2019eux le grand Jacques. S\u2019il y avait mise au rebut, on d\u00e9montait pour mettre de c\u00f4t\u00e9, les planches, les ferrures, la visserie, m\u00eame les clous, proprement extraits \u00e0 la tenaille et patiemment redress\u00e9s sur le tas ou sur l\u2019enclume. Tout cela se conservait, se stockait, s\u2019amoncelait, pour constituer une r\u00e9serve en cas de malheur. Un capital de \u00ab&nbsp;\u00e7a-peut-servir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Moi qui n\u2019ai connu que les ann\u00e9es d\u2019abondance puis de gaspillage, je me suis souvent interrog\u00e9 sur ce trait de caract\u00e8re qui me semble avoir \u00e9t\u00e9 partag\u00e9 largement dans la g\u00e9n\u00e9ration de mes parents dans une \u00e9poque o\u00f9 personne n\u2019imaginait encore l\u2019\u00e9puisement de la plan\u00e8te. Quatre hypoth\u00e8ses me viennent \u00e0 l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re, la plus prosa\u00efque, est d\u2019ordre financi\u00e8re. Tous mes ascendants avaient des revenus modestes et la r\u00e9cup\u00e9ration \u00e9tait un moyen de faire des \u00e9conomies, tout simplement.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me est d\u2019ordre historique. Les privations et les p\u00e9nuries qu\u2019ils ont subies pendant la deuxi\u00e8me guerre mondiale leur ont laiss\u00e9 la hantise d\u2019avoir \u00e0 revivre un jour ces ann\u00e9es noires. J\u2019ai per\u00e7u cela clairement chez mes parents.<\/p>\n\n\n\n<p>Autre id\u00e9e. Les processus de manufacture, auxquels ils participaient dans leur domaine, leur \u00e9taient proches et leur donnaient un respect de la chose fabriqu\u00e9e eu \u00e9gard aux efforts physiques et au temps pass\u00e9 qu\u2019eux m\u00eame consacraient \u00e0 leur propre travail. Autant de valeurs qui ont disparu de nos consciences qui ne connaissent plus que la commercialisation de produits qui se r\u00e9alisent de mani\u00e8re diffuse, anonyme, lointaine voire inconnue.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma derni\u00e8re hypoth\u00e8se rel\u00e8ve plut\u00f4t d\u2019un \u00e9tat d\u2019esprit. Dans cette volont\u00e9 de savoir faire quelque chose de ses mains et de disposer de ce qu\u2019il fallait pour faire face, il y avait la recherche d\u2019une satisfaction morale \u00e0 \u00eatre autonome, \u00e0 ne d\u00e9pendre de personne. Dans le cas de mon p\u00e8re par exemple, je pense que dans l\u2019\u00e9chelle de ses valeurs, appeler un d\u00e9panneur avait quelque chose d\u2019une assistance d\u00e9gradante. Si l\u2019on ajoute \u00e0 cela le perfectionnisme exacerb\u00e9 qui le laissait insatisfait de ce que r\u00e9alisaient pour lui les artisans patent\u00e9s, on comprend mieux pourquoi il pr\u00e9f\u00e9rait faire lui m\u00eame.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Tous ces ateliers avaient \u00e9galement un autre point commun, c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9tau&nbsp;: sorte de pierre angulaire autour duquel tout s\u2019articulait.<\/p>\n\n\n\n<p>Accot\u00e9 au flanc de l\u2019\u00e9tabli, il dominait l\u2019espace comme le roi sur son tr\u00f4ne. Il \u00e9tait cette poigne de fer indispensable, interdisant \u00e0 la mati\u00e8re toute vell\u00e9it\u00e9 d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019outil. Sous mon regard d\u2019enfant il \u00e9tait inalt\u00e9rable&nbsp;: m\u00e2choires \u00e9normes, vis de serrage grosse comme mon bras et ce long pied de m\u00e9tal fusel\u00e9 qui plongeait par dessous presque jusqu\u2019au sol. Mon p\u00e8re m\u2019avait expliqu\u00e9 que c\u2019\u00e9tait cet appendice, par l\u2019inertie de sa masse, qui permettait \u00e0 l\u2019\u00e9tau de \u00ab&nbsp;porter coup&nbsp;\u00bb, pour reprendre ses mots de choumac. Cette r\u00e9sistance passive est primordiale, c\u2019est elle qui permet \u00e0 la main qui porte l\u2019effort avec l\u2019outil de ressentir l\u2019efficacit\u00e9 de son geste et ainsi d\u2019apprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>De tels d\u00e9tails dans mes propos peuvent vous surprendre, moi qui suis plus habile avec un stylo qu\u2019avec n\u2019importe quel outil.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est que, petit gar\u00e7on, j\u2019\u00e9tais l\u2019arp\u00e8te attitr\u00e9 \u00e0 qui mon p\u00e8re confiait la \u00ab&nbsp;table \u00e0 main&nbsp;\u00bb, quand il avait des pi\u00e8ces de bois \u00e0 clouer en place&nbsp;: placards, coffrages, cloisons l\u00e9g\u00e8res etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette table \u00e0 main \u00e9tait une petite masse m\u00e9tallique, parfaitement plane, que je devais appliquer par derri\u00e8re pour \u00ab&nbsp;porter coup&nbsp;\u00bb, justement, quand il enfon\u00e7ait ses pointes. Le plus souvent nous travaillions en aveugle, chacun d\u2019un c\u00f4t\u00e9 des pi\u00e8ces \u00e0 assembler. Il me donnait quelques indications approximatives d\u2019emplacement, ensuite, j\u2019avais quelques coups de marteau pour me placer au bon endroit selon le bruit de l\u2019impact et l\u2019\u00e9nergie que ma main absorbait. Sinon, les coups s\u2019arr\u00eataient et j\u2019avais droit \u00e0 la phrase rituelle \u00ab&nbsp;\u00c7a va pas, t\u2019es \u00e0 c\u00f4t\u00e9.&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous ces moments pass\u00e9s \u00e0 faire la troisi\u00e8me main auraient pu me donner le go\u00fbt du bricolage. Ce f\u00fbt le contraire&nbsp;: mon jugement d\u2019enfant y voyait un temps soustrait \u00e0 celui du jeu et tout le temps que mon p\u00e8re consacrait \u00e0 cette activit\u00e9 amputait d\u2019autant les moments d\u2019attention que j\u2019attendais de lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rejet m\u2019a accompagn\u00e9 longtemps&nbsp;; l\u2019adolescence y a rajout\u00e9 le malaise d\u2019\u00eatre en dehors des valeurs familiales en vigueur. Je me suis longtemps d\u00e9douan\u00e9 en argumentant que tout cela \u00e9tait affaire de don et que ce n\u2019\u00e9tait pas de ma faute si j\u2019\u00e9tais pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 le jour de la distribution.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, \u00e9videmment, je vois bien que tout cela \u00e9tait fallacieux. Sans doute y-a-t-il certaines aptitudes \u00e0 la dext\u00e9rit\u00e9, mais l\u2019essentiel est dans la pratique, la r\u00e9p\u00e9tition, l\u2019apprentissage. Il faut avoir le courage de faire mal assez longtemps pour arriver \u00e0 faire bien. Il n\u2019y a pas d\u2019improvisation, il y a des principes qu\u2019il faut apprendre et des techniques qu\u2019il faut avoir la patience d\u2019exp\u00e9rimenter.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les filiations spirituelles, ce sont les ann\u00e9es qui fa\u00e7onnent le cheminement de chacun face \u00e0 son h\u00e9ritage parental.<\/p>\n\n\n\n<p>Jeune adulte, j\u2019ai pris conscience de l\u2019int\u00e9r\u00eat de savoir se d\u00e9brouiller avec ses dix doigts. Je me suis trouv\u00e9 bien d\u00e9muni et j\u2019ai regrett\u00e9 tout ce que j\u2019aurais pu apprendre de mon p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Adulte, j\u2019ai essay\u00e9 de l\u2019imiter, en prenant m\u00eame du plaisir \u00e0 imaginer toutes sortes de dispositifs m\u2019aidant \u00e0 r\u00e9aliser des choses pas trop vilaines avec mon outillage d\u2019amateur, mes connaissances approximatives et ma pratique de b\u00e9otien. J\u2019ai m\u00eame \u00e9t\u00e9, \u00f4 parjure, jusqu\u2019\u00e0 ressentir la jubilation int\u00e9rieure du \u00ab&nbsp;c\u2019est moi qui l\u2019ai fait&nbsp;\u00bb une fois l\u2019ouvrage termin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui c\u2019est diff\u00e9rent, je sais que ne je serai jamais le bricoleur d\u2019\u00e9lite qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, car je suis autre.<\/p>\n\n\n\n<p>A pr\u00e9sent, les acteurs de ces th\u00e9\u00e2tres ont tous disparu de la sc\u00e8ne. Ils y ont tenu leur r\u00f4le avec brio, et nous voil\u00e0, d\u00e9positaires de leurs d\u00e9cors. Ceux-l\u00e0 aussi ont subi le lent \u00e9puisement de la vieillesse. Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, la poussi\u00e8re, la rouille, les toiles d\u2019araign\u00e9es les ont pouss\u00e9 sur les chemins de l\u2019abandon. Les tr\u00e9sors sont ensevelis. Ce qui portait leur histoire en m\u00e9moire ou leurs projets en r\u00e9serve, tout cela a perdu sens. Il ne reste plus sous nos yeux qu\u2019un fatras h\u00e9t\u00e9roclite, qui \u00e9tait leur, mais qui nous encombre.<\/p>\n\n\n\n<p>Un nouveau malaise s\u2019est install\u00e9&nbsp;: il faudra bien un jour \u00eatre raisonnable et se lib\u00e9rer du fardeau de tous ces objets dont on ne sait plus que faire. On redoute cet instant. Peut-\u00eatre a-t-on peur qu\u2019avec les choses ce soit aussi nos souvenirs qui disparaissent. Alors par respect pour nos tendres disparus, on repousse, on se d\u00e9robe.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div style=\"background-image:url(&apos;https:\/\/icarrouseljp.fr\/wp-content\/uploads\/images-site\/Fond_article_texte.jpg&apos;);background-position:50% 50%;background-size:cover;\" class=\"wp-block-group style-roman has-global-padding is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained has-background\">\n<p>Ma perception des objets, elle aussi, a chang\u00e9 au cours des ann\u00e9es. Je consid\u00e9rais jadis, que ceux que je poss\u00e9dais me d\u00e9finissaient, au m\u00eame titre que mes sentiments ou mes actions. Accumulation d\u00e9raisonnable ou d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour le verbe avoir, je les ressens aujourd\u2019hui comme autant de boulets qui s\u2019attachent \u00e0 mes pieds et m\u2019emp\u00eachent d\u2019avancer. Pour autant, je sais bien que certains font encore partie de ma chair&nbsp;; l\u2019amputation est difficile.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant l\u2019encombrement de ces ateliers, un frein suppl\u00e9mentaire se rajoute pour moi, \u00e0 ceux que je viens d\u2019\u00e9voquer. C\u2019est l\u2019attachement compulsif que je porte aux outils que j\u2019appellerais \u00ab&nbsp;\u00e0 main&nbsp;\u00bb. Ceux qui ne r\u00e9clamaient rien d\u2019autre que les muscles des hommes pour s\u2019animer et, en retour, ceux que l\u2019\u0153il de l\u2019homme pouvait, en entier, saisir et comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis convaincu que l\u2019 \u00ab&nbsp;Homo Faber&nbsp;\u00bb est celui qui, dans sa conqu\u00eate de la mati\u00e8re, a men\u00e9 l\u2019homme sur la voie de l\u2019abstraction. Pour moi, tous ces outils sont des synth\u00e8ses de r\u00e9flexions qui jalonnent l\u2019enrichissement des connaissances de l\u2019humanit\u00e9. Oublier ce patrimoine ce serait couper le savoir d\u2019aujourd\u2019hui de ses racines.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce terreau, l\u2019homme a d\u00e9velopp\u00e9 des technologies merveilleuses, \u00e9poustouflantes. Leurs prouesses nous ravissent mais leurs fonctionnements nous \u00e9chappent totalement et leurs dysfonctionnements nous plongent dans l\u2019impuissance la plus frustrante.<\/p>\n\n\n\n<p>La conception et la r\u00e9alisation de ces bijoux du g\u00e9nie humain, \u00e0 qui nous confions l\u2019administration de nos vies, exigent l\u2019interaction de milliers de comp\u00e9tences individuelles morcel\u00e9es et \u00e9parpill\u00e9es sur la plan\u00e8te. Quelle effrayante fragilit\u00e9, quand l\u2019histoire nous montre l\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019homme \u00e0 stabiliser des liens sociaux&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Je l\u2019ai dit tout \u00e0 l\u2019heure, mes parents ont v\u00e9cu dans la crainte d\u2019avoir \u00e0 revivre les affres de la seconde guerre mondiale. Peut-\u00eatre m\u2019ont-ils transmis le m\u00eame genre de d\u00e9mons&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Chignoles \u00e0 manivelle, vilebrequins, forets, m\u00e8ches, burins, ciseaux, gouges, scies, r\u00e2pes, limes, vous \u00eates quelque part ma r\u00e9serve en cas de malheur. Le malheur du jour o\u00f9 l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 aura fui nos soci\u00e9t\u00e9s en \u00e9bullition.<\/p>\n\n\n\n<p>Oups, je crois que je me suis \u00e9gar\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9trange parcours que celui de ce texte. J\u2019\u00e9tais parti d\u2019un lieu familier au pays des souvenirs et me voil\u00e0, ressuscitant les restes d\u2019une humanit\u00e9 agonisante avec deux faucilles et trois marteaux sauv\u00e9s du d\u00e9sastre\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Le fil des mots est d\u00e9cid\u00e9ment bien hasardeux.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 un diaporama sur le m\u00eame th\u00e8me illustr\u00e9 de photos prises dans ces ateliers familiaux avant qu&rsquo;on ne s&rsquo;en d\u00e9barrasse :<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color has-link-color wp-elements-8aab076205a6b13e739a135c18383e13\" style=\"color:#4179ea\"><a href=\"https:\/\/icarrouseljp.fr\/index.php\/diapo\/un-monde-davant\/\" data-type=\"post\" data-id=\"404\">\u00ab\u00a0Un monde d&rsquo;avant\u00a0\u00bb<\/a><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-background is-layout-grid wp-container-core-group-is-layout-e766bbef wp-block-group-is-layout-grid\" style=\"border-width:1px;background-color:#b0c2d9\">\n<p class=\"wp-container-content-bfbf5994\" style=\"margin-right:0;margin-left:0\">\u2b50 Laissez votre avis sur cet article !<\/p>\n\n\n<div class=\"glsr glsr-default\" id=\"glsr_dca99f8c\" data-from=\"block\" data-shortcode=\"site_reviews_form\" data-assigned_posts=\"950\" data-hide=\"title,content,name,email,terms\"><div class=\"glsr-form-wrap\">\n    <form class=\"glsr-review-form glsr-form\" method=\"post\" enctype=\"multipart\/form-data\">\n        <input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_action]\" value=\"submit-review\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_nonce]\" value=\"f57aa620ec\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_post_id]\" value=\"950\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[_referer]\" value=\"\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[assigned_posts]\" value=\"950\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[assigned_terms]\" value=\"\" \/>\n<input type=\"hidden\" name=\"site-reviews[assigned_users]\" value=\"\" 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